De l’épineuse question du BIP (Avenue du Parisis)

By on juin 10, 2013
L'avenue Kellermann bouchée à Soisy-sous-Montmorency aux heures de pointes à la sortie de l'avenue du parisis, BIP.

Voici un sujet qui n’a pas fini de faire couler de l’encre. En effet, les problématiques et les enjeux soulevés par cet axe routier sont vastes. Vastes au niveau géographique car si l’axe parcourt le sud du Val-d’Oise, ses répercutions se feront sentir dans tout le nord de l’Île-de-France. Vastes aussi au niveau environnemental et même philosophique. À l’heure où le pic de production du pétrole a été dépassé et où les émissions de CO² et autres polluants viennent à menacer notre existence telle que nous la connaissons aujourd’hui, il est plus que temps de se poser la question de la place de l’automobile et du moteur à explosion dans notre société. Voici un rapide survol du sujet, vu par un membre de l’association Soisy pour tous. Il en reste encore beaucoup à dire.

Un sujet qui divise

Si vous avez déjà évoqué le sujet autour de vous, vous avez pu constater que le projet divise. Il y a les pour, il y a les contre, mais seulement très peu n’ont pas d’avis. Chez les contre, il s’est organisé un collectif d’associations nommé “Vivre sans BIP”. Ce collectif milite pour un abandon du projet. Du côté des pour, le conseil général du Val-d’Oise défend les intérêts de l’Avenue.

La quadrature du cercle des transports en Île-de-France

C’est un sujet qui divise mais il est un constat qui rassemble : il y a un problème de circulation en Île-de-France. Certains en viennent même à quitter la région car le trajet maison/travail devient un enfer. Le réseau ferré existant est saturé. Le moindre petit incident provoque des retards en cascade. Qui n’a jamais pensé, les yeux figés sur le panneau d’affichage des horaires, à tout ce temps perdu sur le quai ? Au niveau des routes, là aussi, il y a saturation. On comptabilise, dans toute l’Île-de-France, plusieurs centaines de kilomètres de bouchons aux heures de pointes. Une simple crevaison sur l’A15 peut générer un embouteillage de plusieurs kilomètres. Et pour finir, même en vélo, il est parfois difficile de circuler. Pas qu’il y ait des embouteillages, mais parce que le réseau de pistes cyclables est encore trop peu développé dans la région. C’est pourquoi l’Avenue du Parisis pourrait-être une occasion de fluidifier nos déplacements.

Une opportunité pour la circulation ou pour la nature

Voici plus d’un demi-siècle que sont réservées des terres pour le BIP. Il peut alors s’avérer être une opportunité de les utiliser pour améliorer nos temps de trajets. Il peut aussi apparaître l’idée de conserver ces quelques terres non bétonnées. C’est là toute le débat : il y a un équilibre à trouver entre bitume et verdure.

Une solution alternative, combinaison de ces deux enjeux, pourrait-être de créer un axe routier souterrain au dessus duquel des espaces verts pourront être recréés. La contrepartie de cette solution est bien évidement le prix.

L'avenue Kellermann, à Soisy-sous-Montmorency, complètement bouchée aux heures de pointes

L’avenue Kellermann, à Soisy-sous-Montmorency, complètement bouchée aux heures de pointes.

Un petit détour par l’A115

Construite en 5 fois, l’autoroute A115 relie l’A15 à la Francilienne. La finalisation du projet a sans doute quelques similarités à notre Avenue du Parisis. Cette autoroute a vu ses 3 premières sections (Sannois-Franconville, Franconville-Ermont et Ermont-Taverny) construites en 1974, 1975 et 1980. Les deux dernières sections (Taverny-Bessancourt et Bessancourt-Méry-sur-Oise), n’ont été achevées qu’en 2000 et 2004. La section de Taverny-Bessancourt est enterrée entre les villes de Taverny et de Beauchamp. C’est après de longs débat que le souterrain de l’A115 fut concédé préservant ainsi une liaison physique entre les deux villes. Enfin, la dernière section a permis, entre autres, de désengorger Bessancourt et Frépillon. Souvenons-nous encore des files de voitures incroyables qui traversaient ces deux villes aux heures de pointe. C’est aujourd’hui un bonheur d’y circuler en voiture mais aussi en vélo car la ville a retrouvé un côté plus paisible et plus sécurisant.

Un peu de physique…

Mais revenons à notre débat par un peu de théorie. Le trafic routier est modélisable mathématiquement et suit les lois de la mécanique des fluides. Ainsi, pour un débit de voitures constant, plus il y a de routes, moins il y aura de bouchons. Et moins il y aura de bouchons, moins il y aura de pollution. La création d’une route, plutôt que d’augmenter le trafic et la pollution, les diminue.

… et beaucoup d’humain

Cependant, l’application de la théorie de la mécanique des fluides n’est pas si simple. Car un débit de voiture n’est pas un débit d’eau. En effet, pour que le dernier paragraphe soit juste, il a été précisé l’hypothèse suivante : « un débit de voiture constant ». La création d’une nouvelle route va peut-être inciter des citoyens à se déplacer en voiture plutôt qu’en train ou même à prendre leur voiture plutôt que de rester chez soi. Il va se créer une envie du fait même de l’offre. Cet appel d’air à la voiture est difficilement quantifiable mais il n’est pas comparable à la capacité de flux d’un tel axe.

L’avenir de la voiture

L’automobile est omniprésente dans notre société. Le paysage est façonné autour des routes. Pourrait-il en être autrement ? Doit-on organiser nos villes pour être moins voiture-dépendants ? Sans doute.

Il existe de nombreuses idées pour tendre à diminuer nos déplacements comme par exemple :

  • Une plus grande mixité des bassins d’emplois et des lieux habitations
  • Une généralisation du télétravail
  • Une décentralisation (des activités culturelles par exemple, au profit des banlieues par opposition à Paris)

Par ailleurs, peut-on espérer rapidement le développement des voitures propres ? Il y a une grande attente des consommateurs. Et depuis quelques années déjà, on observe chez les industriels une effervescence autour du sujet. De nombreux projets sont présentés aux différents salons de l’automobile et quelques applications pour le grand public sont déjà disponibles. Il y aurait beaucoup à dire sur le sujet et sur ses enjeux qui nous dépassent sans doute un peu…

Quoi qu’il en soit, le besoin de circuler sera toujours présent et le réseau de transports doit être développé. La circulation en Île-de-France est principalement organisé en étoile (toutes les routes mènent à Paris). Et ce sont les liaisons inter-banlieues qui sont en retard. Le tracé du projet permet de rattraper une partie de ce retard.

    L'avenue Kellermann, à Soisy-sous-Montmorency, complètement bouchée aux heures de pointes.

L’avenue Kellermann, à Soisy-sous-Montmorency, complètement bouchée aux heures de pointes.

Et Soisy-sous-Montmorency dans tout ça ?

Il faut faire attention à ne pas réduire le débat du BIP à ses effets sur le sol de Soisy-sous-Montmorency. Certes, il permettra de supprimer les bouchons de la fin de l’actuel BIP sur le rond-point du Champ de courses et de désenclaver l’avenue Kellermann mais le projet vise à proposer une alternative à l’A15, l’A86 et l’A1 pour relier Argenteuil à Gonesse (et Roissy).

S’il doit se réaliser, il est impensable, même pour des raisons économiques, de ne pas l’enterrer et de le laisser couper notre ville en deux.

Le débat est ouvert

Le projet tel qu’il nous a été présenté à l’automne dernier est inacceptable. Il est encore temps d’y consacrer réflexions et débats. Ce temps est nécessaire pour réfléchir ensemble à une alternative. Soisy pour tous, qui grâce à ses élus dispose d’un contact privilégié avec la région (maitre d’ouvrage du projet), est un rempart contre toute proposition de projet qui ne serait pas en accord avec le développement, qu’il soit historique, culturel, esthétique ou environnemental de la ville de Soisy-sous-Montmorency.

Devant la multitude d’avis et l’impact du projet sur notre commune, une consultation de tous les Soiséens nous semble urgente et nécessaire.

Un groupe de travail, traitant de la problématique du BIP, s’est crée au sein de Soisy pour tous. N’hésitez pas à prendre contact avec ce groupe par l’intermédiaire de notre page de contact.

Le BIP qu’est-ce que c’est ?

Le BIP (Boulevard Intercommunal du Parisis) renommé « Avenue du Parisis » est un axe routier destiné à relier l’A15 au niveau d’Argenteuil à l’A1 au niveau de Gonesse. Deux tronçons ont déjà été réalisés : entre l’autoroute A1 et Gonesse à l’est en 1995 et entre l’A15 à Argenteuil et Soisy-sous-Montmorency à l’ouest en 2003.

Retrouvez l’intervention d’Anne Mokry au Conseil Municipal du 20 décembre 2012 :

 

Avenue du Parisis : Avis dans le cadre de la concertation

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5 Commentaires

  1. Yves

    10 juin 2013 at 20 h 18 min

    Je ne suis pas pour le projet tel qu’il nous a été présenté par le département en septembre dernier lors des concertations mais cela semble indispensable de devoir trouver une solution rapide face aux bouchons avenue kellermann.

  2. Lucie

    10 juin 2013 at 22 h 57 min

    Cela est évident qu’il faille que ce BIP soit enterré et qu’il ne traverse pas notre commune.

  3. Agnès

    11 juin 2013 at 0 h 19 min

    L’avenue Kellermann harchi bouchée aux heures de pointes est insupportable. En tant qu’habitante de cette avenue, je ne comprends pas les contre le projet du BIP (enterré ou non d’ailleurs), surtout que derrière cette opposition farouche, il n’y a pas de propositions réellement viables et efficaces qui nous sont soumises pour réduire la circulation de cette avenue de Soisy, les rares propositions sont plus des gadgets qu’autre chose. Alors plutôt que de s’opposer pour s’opposer, peut-être faudrait-il être plus constructif et proposer des choses réalistes afin de désengorger notre avenue. Votre démarche du lancement d’un groupe de travail ouvert aux habitants de Soisy est très appréciable.

  4. Jean-Paul

    13 juin 2013 at 22 h 23 min

    Je suis tout à faire d’accord avec votre questionnement. Moi aussi, j’aimerais bien vivre dans un monde sans pollution générée par les voitures, les avions ou autres. Malheureusement, loin de cet idéal, j’ai besoin de ma voiture pour me rendre tous les matins à mon travail à Cergy et tous les matins comme tous les soirs je subis les BOUCHONS avenue Kellermann. Cette situation critique est devenue insupportable. Un changement est nécessaire. Cependant, ce que j’aime à Soisy c’est ce côté village avec une vue magnifique sur la vallée de Montmorency. C’est pourquoi, je pense que ce BIP doit être enterré pour éviter toutes nuisances (visuels, auditives…) et de diviser la ville en deux.

  5. ppbm972

    7 août 2014 at 17 h 27 min

    IL FAUT LE FAIRE.je pense que le plus tôt sera le mieux car ça devient urgent.et surtout ne faites pas les mêmes erreurs du passe; réseau sous dimensionné qui sature trop vite et provoque des bouchons donc oui a une 2 fois 4 voies.Et surtout faites nous de vraies échangeur et pas ces horribles tronc commun véritable fabrique a bouchon. on voit le résultat A4/A86 FRANCILLIENE /N2 A6/A104 .PARTOUT DES BOUCHONS alors faites ce qui marche ;des échangeurs, des vrais. vous ne savez pas comment les faire visitez les pays ou ça marche .Il n’y a pas de mal a copier ce qui fonctionne ailleurs. A86/A1 celui la est bien fait au niveau d’Aubervilliers .Et si le peuple râle enterrer une parti .

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